MARCHE-Randonnée, Automne 2004, p. 38.
Par Claudie Pfeifer

De même qu’un arbre en santé a besoin de racines solides pour se développer, nous avons besoin de pieds en forme pour avancer. Après avoir examiné la mécanique de la marche, il importe de souligner les conséquences des pieds en mauvais état et de proposer quelques outils simples pour s’en faire des alliés.

Marcher, c’est quoi au juste?

Notre marche est le résultat d’une organisation motrice complexe dont l’origine remonte à nos premières expériences psychomotrices dès les premiers instants de la vie. Sur un plan fonctionnel, « la marche sollicite la quasi-totalité des articulations du corps. Elle met en jeu de nombreuses actions musculaires qui mobilisent des leviers osseux, stabilisent des segments et absorbent les chocs du contact des pieds avec le sol. » (1)

Un pas se divise en quatre phases auxquelles nous ne prêtons pas attention habituellement. En vous concentrant sur les membres inférieurs, pieds nus dans un parc, il est intéressant et utile d’expérimenter une marche consciente pour ressentir ces différentes phases. Observons un peu.

  1. Le pas est initié par l’attaque du talon droit.
  2. Le pied se déroule progressivement pour être totalement au sol et supporter le poids du corps pendant que le pied gauche se dégage du sol et peut se relâcher.
  3. Le mollet se contracte pour laisser le poids du corps se transférer vers l’avant sur les coussinets et sur tous les orteils puis sur le gros orteil. La jambe droite se retrouve plus ou moins en extension. Le pied gauche porte tout le poids.
  4. Le pied droit décolle du sol et peut se relâcher.

Puis le cycle recommence.

Plus le mollet se contracte vite et plus le centre de gravité est incliné vers l’avant, plus la marche sera rapide.

Mais, même si la marche obéit à des lois fonctionnelles identiques pour tout le monde sur un plan anatomique, chaque être humain a développé une façon de marcher qui lui est propre, façon qui peut parfois entraîner des problèmes.

Les problèmes au niveau du pied et leurs conséquences

Ces problèmes, qu’ils soient globaux (tout le corps) ou locaux (pied, cheville) ont pour conséquence principale de réduire le plaisir de marcher.

De façon globale, toute tension corporelle tend à diminuer l’amplitude et la flexibilité musculaire du pied. Par exemple, les tensions musculaires dans le dos tirent le poids du corps vers les talons et freinent la propulsion. Après une relaxation ou un massage, le poids se réajuste sur le pied. Parfois, ce sont des rétractions musculaires asymétriques qui provoqueront des marques d’usure différentes d’une chaussure à l’autre.

Au niveau local, des chaussures et des bas mal adaptés vont nuire au bon déroulement des pas. Des callosités et des déformations du pied peuvent dévier les axes de déroulement du pied. L’effort de protection pour souffrir le moins possible à chaque pas provoque des contractions musculaires compensatoires dans tout le corps et risque d’entrainer des déviations posturales. En cas de malformations ou d’inconfort important, il peut être utile de consulter un professionnel de la santé (podiatre, orthésiste, ostéopathe…). Toutefois, de façon préventive, il est possible de prendre soin de vos pieds par vous-même en intégrant de petits exercices de façon régulière.

Quelques moyens simples pour garder vos pieds en vie

De façon globale, une bonne détente et des étirements bien ajustés contribueront à augmenter la performance de vos pieds.

Au niveau local :

  1. Avec une petite balle (golf)(référez-vous à la photo du début de l’article), massez doucement toute la plante du pied sur la balle, sans oublier les orteils.
  2. Pour que tout le pied participe à l’adhérence au sol, il est utile d’écarter les orteils, comme un éventail. Pour ce faire, placez des cotons entre les orteils.
  3. Jouez avec vos orteils. Ramassez un mouchoir en papier ou un bas avec vos orteils.
  4. Étirez le mollet
    • Les deux genoux en extension, les deux talons au sol, laissez le corps s’incliner vers l’avant face à un arbre(schéma A)
    • Une jambe fléchie en avant (soléaire mollet profond), l’autre en arrière (triceps sural pour la jambe arrière)(schéma B)

Bonne marche enracinée!

Claudie Pfeifer possède une maîtrise en éducation physique. Elle est massothérapeute et directrice des « Ateliers Emballons-nous® ».

Notes
(1) Jacinte Bleau, revue Optimum, volume 5, numéro 1 – ADOP/Medicus.