MARCHE-Randonnée, Hiver 2005, p. 41.
Par Claudie Pfeifer
Photo : Frédéric Dusanter

Les attraits de l’hiver varient d’une personne à l’autre. Le thème de la température est un sujet toujours très prisé et la mine déconfite qui se perçoit sur certains visages à mesure que l’hiver arrive se passe de commentaire. Il y a bien deux camps : ceux qui aiment l’hiver et ceux qui le détestent. Pourtant, ne dit-on pas que le froid conserve? Selon le Larousse, une marche vivifiante est une marche qui donne vie, vigueur, énergie et dynamisme.

Que se passe-t-il à mesure que le froid s’installe?

À moins d’hiberner chez soi pendant six mois, l’exposition au froid est inévitable. Le contraste entre des logements parfois surchauffés et les froides températures extérieures est déjà une agression en soi. Physiologiquement et psychologiquement, le froid est considéré comme un agent stressant auquel nous devons nous ajuster. Selon que nous aimons le froid ou non, le corps devient plus ou moins tendu, les muscles se crispent, le diaphragme (muscle respiratoire) perd de son amplitude, la respiration descend au minimum vital et la circulation sanguine se fait moins bien. Les épaules s’enroulent vers l’intérieur et montent vers les oreilles. Paradoxalement, plus on se contracte, plus on a froid.

Un autre phénomène bien documenté concerne le rapport entre le manque de lumière et la dépression saisonnière. Selon un article de Pierre Mercure dans La Presse du 28 septembre 2004, 3 % des Canadiens souffrent de ce problème durant l’hiver. Une exposition intense à la lumière permettrait de diminuer ce phénomène.

Profiter de l’hiver pour rester en mouvement

Marcher en hiver a un objectif double : nous maintenir en forme et diminuer les effets de la dépression saisonnière. Le psychiatre David Servan Schreiber, dans son livre « Guérir », nous démontre comment l’activité physique régulière a une influence sur notre bien-être. De plus, la lumière vive qui émane de la neige permet à l’oeil de transmettre au cerveau des informations énergisantes. La marche est une réponse très efficace aux agents stressants causés par le froid. À condition d’avoir l’équipement adéquat à notre activité, notre musculature se détend, la respiration se libère et le corps se réchauffe. Il suffit de regarder les visages heureux des marcheurs hivernaux pour être convaincus de l’utilité de la marche hivernale pour notre humeur. Marcher en hiver augmente le tonus, diminue le stress, renforce notre système immunitaire afin de prévenir les affections telles que rhumes et refroidissements de toutes sortes.

Quelques conseils

(1) Avant de commencer une marche, prenez le temps de vous étirer (voir MARCHE-Randonnée, été 2004).

Prenez de grandes inspirations et expirez doucement, profondément. Pour tester la profondeur de votre expi- ration, voici un truc : mettez votre main devant votre bouche. Expirez. Si l’air est froid, alors le souffle vient du bout des lèvres, il est donc superficiel. Pour que l’air soit chaud, expirez en prononçant à voix basse un « Ha » et testez avec votre main la température de l’air expiré.

(2) Durant la marche, utilisez un bon sac à dos qui vous permet de garder les mains libres. Le balancement des bras doit toujours se faire à partir des épaules. Exagérez même le mouvement comme ceux qui pratiquent la marche rapide. La torsion légère au niveau des épaules et des côtes donne du mouvement au diaphragme et augmente l’amplitude respiratoire.

(3) Voici un petit leu en lien avec le regard, la direction de celui-ci pouvant avoir une incidence sur notre état mental. Regarder au sol nous met en dialogue interne, nous amène des pensées qui n’ont rien à voir avec la marche que nous sommes en train de faire. Par peur de glisser, par habitude, nous pouvons passer six mois de l’année à regarder par terre. Maintenant, regardez droit devant vous. La posture reste alignée. La respiration s’amplifie. Comparez la différence. Vous constaterez que votre dialogue interne cesse; vous entrez pleinement en contact avec les paysages qui vous entourent. C’est un excellent moyen de sortir de la grisaille météorologique et de retrouver son énergie. Les yeux peuvent parfois regarder par terre pour voir les obstacles.

 

Claudie Pfeifer possède une maîtrise en éducation physique. Elle est massothérapeute et directrice des «Ateliers Emballons-nous».